Tu ne l’as pas aimée au premier regard, mais au premier contact.
Aime-la à distance, aime-la en pensées, voilà ce qu’il te faut faire pour l’instant.
“Un lourdeau”, voilà ce qu’elle dira de toi si tu insistes, donc aime-la à distance, aime-la en pensées.
Avant de t’approcher d’elle, je veux que tu sois capable de supporter sa flamme. Connais-tu une pierre plus solide que le diamant, une pierre capable de résister au soleil ? Elle est le soleil, et je veux que tu deviennes cette pierre. Voilà une aventure bien dangereuse. Voilà ce qu’il te faut.
As-tu le droit de l’aimer, mon frère ? As-tu la force et le courage?
T’es-tu battu pour elle ? Contre qui t’es-tu battu ? Comme demanderait un sage allemand, “Es-tu victorieux, vainqueur de toi-même, souverain des sens, maître de ses vertus ?”
Si après ta victoire sur toi-même, elle ne te regarde toujours pas, au moins ne t’aimera-t-elle pas par pitié. Au moins auras-tu ton amour-propre avec toi. Ceux qui ne se sont pas vaincus détestent le côté amer de l’amour, ce côté amer qui souvent se transforme en haine contre soi-même, la personne aimée et le monde.
Car c’est son amour que tu veux et non sa pitié. Montre-moi que tu en es digne. L’homme qui aspire à l’amour doit avant tout se surpasser. Oohh mon frère, l’amour est une montagne bien trop haute, et quiconque prétendra cela doit être capable de supporter la chute du haut de cette montagne. Quiconque prétend à l’amour risque le gouffre qui s’y cache. Voilà pourquoi je veux que tu te rendes meilleur. Tu ne te rends pas juste digne d’amour mais aussi digne d’une potentielle chute du haut de la montagne de cet amour. En dessous de la montagne de l’amour se cache un abîme, et cet abîme c’est la haine. Une telle souffrance, je ne la souhaite pas à mon pire ennemi.